mardi 7 février 2017

Sérial killer et draveurs


Voici la première édition de ce nouveau blog qui, comme son nom l'indique, vous proposera, à chacune de ses parutions, la critique d'un polar et l'appréciation d'une bière.  C'est un retour pour moi à la critique après ma participation à différentes revues et fanzines.  On le sait, le milieu du polar québécois a connu de durs coups dernièrement avec la disparition du fleuron qu'était Alibis, puis l'annonce d'une pose (espérons-la temporaire) du festival de Knowlton.

Je commence avec un roman qui date un peu déjà, celui de Philippe Ward et une bière qui vaut le détour : La Raftman.

1 polar


El toro debe morir

J’avais, il y a quelques années, mis la main sur Irrintzina, l’un des premiers romans de Philippe Ward dont l’action se passait en Euskadi (Pays Basque).  Pur hasard, le tout dernier roman de Ward, Danse avec le taureau a la particularité de se dérouler dans le même décor.  Philippe Ward, alias Philippe Laguerre (je vous laisse ici vous émerveiller du gentil jeu de mots) est un acteur important des littératures de genre en France.  Auteur de plusieurs livres en policier et en fantastique dont certains avec Sylvie Miller, il est aussi directeur littéraire aux Éditions Rivière blanche.

En vacances chez ses parents dans le pays de son enfance, Amaia Aguerre (sic), première profileuse française, est réquisitionnée pour tracer le profil d’un tueur en série qui menace de frapper et de nuire aux grandes fêtes de la tauromachie de Bayonne.  Anti-corrida?  ETA (groupe paramilitaire indépendantiste) ?  Après un journaliste d’une revue taurine, c’est à un impressario de nombreux toréadors de trouver la mort.  Les meurtres, tous ritualisées, se succèdent et rien ne laisse présager que celui qui les orchestre, va mettre les freins pour préserver la quiétude à quelques jours des Fêtes de Bayonne.  Bien au contraire.  D’ailleurs, lorsqu’Amaia prend l’enquête en mains et poussent ses investigations,  la traque ne fait que commencer.  Ici, pistes et fausses pistes, se chevauchent dans une corrida bien noire.

Pas évident de comprendre, pour nous, nord-américains, cette passion pour la corrida et pour la tauromachie, bien ancrée dans certaines cultures du Sud de la France et de l’Espagne.  Même combat en Europe en fait, et c’est ce qui sert de trame de fond à ce thriller.  À cet égard, même si il ne s’agit pas ici de l’œuvre qui va consacrer Ward, le côté régionaliste qu’elle révèle, amène un petit vent de fraîcheur et d’originalité que l’on retrouve de moins en moins dans les thrillers urbains où pullulent la racaille et autres tueurs en série pas forcément toujours crédibles.  Ici, pas de bains de sang inutiles pour épater la galerie.  Ce qui rassure surtout, c’est la maîtrise de Philippe Ward, avec son expérience, intelligent, en contrôle des effets créés, du suspense, évitant des racoins où d’autres auraient dérapé.  Une lecture agréable, dépaysante à souhait d’un auteur qui demeure, malheureusement, trop méconnu encore du grand public. (FBT)



Danse avec le taureau
Sérial killer aux fêtes de Bayonne
Philippe Ward
Éditions Wartberg, Zones noirs,

2015, 166 pages.


1 bière

RAFTMAN
BRASSERIE UNIBROUE



Il y a plusieurs années que je n’avais pas consommé la Raftman.  La première raison est que je consommais beaucoup moins de bière et la deuxième est que lorsque que je m’offrais le plaisir d’en déguster une, j’optais plutôt pour une bière de type blanche par choix ou encore, j’appréciais celle que m’offrait mon hôte du moment.  Ainsi donc, depuis que je me suis remis au hockey avec les copains, je me permets une bière après les parties.  Ainsi, je me promettais depuis quelques temps de me retaper une Raftman de la brasserie Unibroue.

Verdict : Tout simplement Wow!  Cette bière a vraiment tout pour me plaire.  Couleur, goût et texture.

C’est une bière de type fumée… pour ceux qui sont plus traditionnel, ça ressemble un peu à une bière rousse.

Apparence :  Une belle robe tirant entre le roux et le brun doré cassonade.  La mousse qui tire aussi vers le caramel est fine, en dentelle et peu abondante.

Goût : Caramel et noisettes grillées.  Plutôt sèche et sans trop d’Amertume.

Je n’ai pas peur de le dire.  La Raftman est en train de devenir ma bière numéro 1 de mon palmarès.  Bien sûr, l’offre actuelle au Québec est assez extraordinaire, pour ne pas dire dans son âge d’or.  Combien de temps les petits joueurs tiendront-ils le coup avant de se faire engloutir par la concurrence et les grosses machines du marché?  L’avenir le dira.  En attendant, je vous reviens avec une nouvelle suggestion très bientôt. (FBT)




Raftman (tiré du site de la cie Unibroue)
Origine
Chambly, Québec
Brassée depuis
1995
Degrés
5.5 %
Fermentation
Haute
Style
Ale au malt de whisky fumé à la tourbe
Couleur
Ambrée rouge
SRM
10
Limpidité
Voilée
Mousse
Beige
Bulles
Fines
Effervescence
Modérée
Nez
Mélange complexe d’arômes de fumée, de pommes, de caramel et de malt de whisky
Saveur
Bouche de malt fumé, légère acidité camouflée par son goût de pommes caramélisées
IBU
15,5
Densité
Mince
Étalement
Court
Température suggérée
6ºC - 8ºC, avantageuse à 10ºC
Verre suggéré
Ballon ou tulipe
Disponibilité
Canada
Format
341 mL, 750 mL

www.unibroue.com